Le paysage réglementaire de l’assurance évolue constamment, et l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) joue un rôle pivot dans l’orientation de cette transformation. À l’approche de 2026, l’EIOPA a publié une check-list de ses priorités de supervision, offrant aux courtiers un aperçu essentiel des domaines sur lesquels leur attention et leurs ressources devront se concentrer. Cet article se propose d’analyser en détail cette feuille de route, en disséquant ses implications pour les professionnels du courtage en assurance.
L’EIOPA, en tant qu’organe de supervision européen, a pour mission d’assurer la stabilité financière, la transparence des marchés et la protection des assurés et des bénéficiait d’institutions de retraite professionnelle. Son rôle est particulièrement crucial dans un contexte où le secteur de l’assurance fait face à des défis sans précédent, marqués par une accélération de la numérisation et une augmentation exponentielle des cybermenaces. La check-list de l’EIOPA pour 2026 ne fait que confirmer cette tendance, plaçant ces enjeux au cœur de ses préoccupations.
A. La Réponse aux Risques Numériques : Une Priorité Absolue
L’EIOPA reconnaît que la transformation numérique, bien que porteuse d’opportunités, introduit également de nouveaux vecteurs de risque. Pour les courtiers, cela se traduit par une exigence accrue en matière de sécurité des données, de résilience des systèmes d’information et de protection contre les cyberattaques.
1. Renforcement de la Cybersécurité : Un Bouclier Contre les Dangers Invisibles
La cybercriminalité est devenue une menace omniprésente, capable de paralyser des opérations, de compromettre des données sensibles et de ternir la réputation. L’EIOPA attend des courtiers qu’ils mettent en place des stratégies de cybersécurité robustes, allant au-delà de la simple conformité. Il s’agit de développer une culture de la sécurité, en formant le personnel, en réalisant des audits réguliers et en testant la résilience des systèmes face aux agressions potentielles. Pensez à cela comme à la construction d’une forteresse impénétrable, où chaque pierre est solidement ancrée.
a. Évaluation des Risques Cybernétiques : La Première Ligne de Défense
Avant de construire ces fortifications, il est impératif de cartographier le terrain. Les courtiers doivent mener des évaluations approfondies de leurs vulnérabilités. Cela inclut l’analyse des menaces externes et internes, l’identification des actifs critiques à protéger et la quantification des impacts potentiels d’une cyberattaque. Sans une compréhension claire des risques, toute mesure de sécurité risque d’être inefficace.
b. Mise en Place de Mesures Techniques et Organisationnelles : Des Remparts Solides
Une fois les risques identifiés, des mesures concrètes doivent être déployées. Cela comprend des solutions de chiffrement, des pare-feux, des systèmes de détection d’intrusion, des politiques de gestion des accès et des plans de réponse aux incidents. Sur le plan organisationnel, la formation continue des employés aux bonnes pratiques de cybersécurité est fondamentale, car l’erreur humaine demeure souvent le maillon faible.
c. Plan de Continuité des Activités et de Reprise après Sinistre : L’Art de la Résilience
Même avec les meilleures protections, aucune organisation n’est à l’abri d’un incident. L’EIOPA met l’accent sur l’élaboration et le test régulier de plans de continuité des activités (PCA) et de reprise après sinistre (PRA). Ces plans permettent de minimiser les interruptions d’activité en cas de crise majeure et d’assurer la reprise des opérations dans les plus brefs délais. C’est la capacité de se relever après un coup dur, plus forte et plus organisée.
2. Exploitation des Technologies Émergentes : L’Anticipation des Vagues Futures
La numérisation ne se limite pas à la réaction face aux cybermenaces. Elle ouvre également la voie à de nouvelles opportunités pour améliorer l’efficacité opérationnelle, la personnalisation des offres et l’expérience client. L’EIOPA encourage une approche proactive dans l’adoption de ces technologies.
a. L’Intelligence Artificielle (IA) et le Machine Learning (ML) : Des Outils pour Affiner les Offres
L’IA et le ML peuvent révolutionner la tarification, la gestion des risques, la détection de la fraude et même l’assistance au client. Les courtiers qui sauront exploiter ces technologies pourront proposer des produits plus adaptés et proposer une relation client plus personnalisée. L’IA peut agir comme un oracle, révélant des tendances cachées dans d’immenses ensembles de données.
b. L’Internet des Objets (IoT) : De Nouvelles Données, de Nouvelles Perspetives
L’IoT génère des flux de données précieux, particulièrement dans les assurances auto et habitation. Ces données peuvent permettre une tarification plus fine basée sur le comportement, une meilleure gestion des risques et une offre de services proactifs. Cependant, l’utilisation de ces données soulève des questions éthiques et de confidentialité qui doivent être gérées avec la plus grande précaution.
c. L’Automatisation des Processus : L’Éloge de l’Efficacité
L’automatisation des tâches répétitives, grâce à la robotisation des processus (RPA), peut libérer les équipes pour des activités à plus forte valeur ajoutée. L’EIOPA attend des courtiers qu’ils explorent ces pistes pour optimiser leurs opérations et réduire les coûts, tout en veillant à ce que cette automatisation ne se fasse pas au détriment de la qualité du service.
II. La Protection des Consommateurs : Le Cœur Battant de la Réglementation
L’EIOPA place la protection des consommateurs au rang de ses priorités fondamentales. Pour les courtiers, cela se traduit par une vigilance accrue quant à la transparence de leurs pratiques, à la clarté de leurs conseils et à l’équité de leurs offres.
A. La Transparence et la Clarté : Démêler la Complexité des Contrats
Le monde de l’assurance peut être perçu comme une jungle linguistique, où les termes techniques et les clauses ambiguës peuvent facilement dérouter le consommateur. L’EIOPA appelle à une effort de simplification et d’explication.
1. Informations Précontractuelles : Des Cartes Claires pour Naviguer
Les courtiers ont la responsabilité de fournir des informations claires, concises et compréhensibles avant la souscription d’un contrat. Cela inclut les conditions générales, les exclusions, les franchises et les modalités de résiliation. Il s’agit de s’assurer que le client comprend parfaitement ce qu’il achète, sans surprises désagréables par la suite.
a. Le Document d’Information Clé (DIC) et ses Successeurs : Les Essentiels à Retenir
Le DIC est un exemple phare de cette démarche. L’EIOPA veille à ce que ces documents soient accessibles et à ce qu’ils mettent en évidence les informations les plus importantes. Les courtiers doivent maîtriser la conception et la présentation de ces documents pour en garantir l’efficacité.
b. Des Explications Adaptées au Profil du Client : Le Sur-Mesure Informatif
Il ne suffit pas de fournir un document générique. Les courtiers doivent être capables d’adapter leurs explications au niveau de compréhension et aux besoins spécifiques de chaque client. C’est là que réside la véritable valeur ajoutée du conseil, en agissant comme un traducteur expert entre le langage de l’assurance et celui du client.
2. Gestion des Plaintes et des Litiges : Un Canal de Recours Efficace
En cas de désaccord, les consommateurs doivent pouvoir s’adresser à un interlocuteur compétent et obtenir une résolution équitable de leur problème. L’EIOPA insiste sur la mise en place de procédures de gestion des plaintes efficaces.
a. Des Procédures Claires et Accessibles : Pas de Labyrinthe pour le Client Mécontent
Les courtiers doivent disposer de canaux de communication bien définis pour recevoir les plaintes et informer les clients des étapes du traitement. Ces procédures doivent être transparentes et les délais de réponse raisonnables.
b. Médiation et Recours Alternatifs : Des Voies de Pacification
Lorsque les discussions directes n’aboutissent pas, l’EIOPA encourage le recours à des mécanismes de médiation ou à d’autres formes de règlement alternatif des litiges. Cela permet d’éviter une judiciarisation lourde et coûteuse pour toutes les parties.
B. L’Intégrité des Ventes : Éviter les Pièges de la Pression et de la Tromperie
L’EIOPA veille à ce que les pratiques commerciales soient éthiques et respectueuses des consommateurs, en particulier des clients les plus vulnérables.
1. Absence de Pratiques Commerciales Déloyales : Un Commerce Honnête
Les courtiers doivent s’abstenir de toute pratique commerciale qui pourrait induire en erreur le consommateur, que ce soit par des omissions, des affirmations trompeuses ou des tactiques de pression. L’objectif est de garantir que les décisions d’achat sont prises en toute connaissance de cause.
a. L’Emploi de Publicités et de Promotions : Un Discours Honnête et Non Trompeur
La communication publicitaire doit être transparente et ne pas faire de promesses irréalistes. Les courtiers doivent veiller à ce que les promotions et les offres spéciales soient clairement définies et qu’elles ne masquent pas des coûts cachés.
b. La Lutte contre la Fraude : Une Responsabilité Partagée
La fraude à l’assurance représente un coût considérable pour l’ensemble du secteur. L’EIOPA attend des courtiers qu’ils mettent en place des mesures pour prévenir et détecter la fraude, tant de la part des assurés que de la part de tiers malintentionnés.
2. La Vulnérabilité des Clients : Une Attention Particulière
Certains clients, en raison de leur âge, de leurs capacités cognitives ou de leur situation financière, peuvent être plus susceptibles d’être victimes de pratiques déloyales. L’EIOPA demande une vigilance accrue à leur égard.
a. Identification et Accompagnement des Clients Vulnérables : Un Support Diligent
Les courtiers doivent être capables de reconnaître les signes de vulnérabilité chez leurs clients et de leur fournir un accompagnement adapté. Cela peut impliquer de simplifier les explications, de proposer des produits plus simples ou de suggérer la présence d’un tiers lors des interactions.
b. Adaptations Nécessaires en Cas de Découverte de Vulnérabilité : La Flexibilité du Service
Si une vulnérabilité est identifiée après la souscription, le courtier doit être en mesure de réévaluer la situation et de proposer des ajustements si nécessaire, afin de garantir que le contrat reste approprié et que les droits du client sont protégés.
III. La Solidité Financière des Courtiers : Un Pilier de la Confiance
Au-delà de la relation client, l’EIOPA veille à la santé financière des entités qui opèrent sur le marché de l’assurance. Pour les courtiers, cela implique de maintenir une gouvernance solide, une gestion des risques efficace et une conformité réglementaire irréprochable.
A. La Gouvernance d’Entreprise : Un Cadre pour la Prise de Décision Responsable
La manière dont une entreprise est dirigée est fondamentale pour son succès et sa pérennité. L’EIOPA met l’accent sur une gouvernance d’entreprise claire et efficace au sein des courtiers.
1. Structures de Gouvernance Claires : Des Rôles Bien Définis
Les courtiers doivent disposer de structures de gouvernance qui définissent clairement les rôles et les responsabilités de la direction, du conseil d’administration (si applicable) et des autres organes de contrôle. Cela garantit une prise de décision éclairée et une redevabilité accrue.
a. Organigramme et Répartition des Tâches : La Clarté Avant Tout
Un organigramme précis et une description claire des responsabilités de chaque poste sont essentiels. Cela évite les zones grises et assure que chaque tâche est prise en charge.
b. Comité d’Audit et Comité de Risques : Des Gardiens de la Solidité
La présence de comités spécialisés, tels qu’un comité d’audit et un comité des risques, renforce les mécanismes de contrôle interne et assure une surveillance indépendante des activités de l’entreprise.
2. Culture d’Entreprise axée sur l’Éthique et la Conformité : Le Ciment de la Fiabilité
La gouvernance ne se limite pas aux structures ; elle englobe également la culture de l’entreprise. L’EIOPA attend des courtiers qu’ils promeuvent une culture où l’éthique, l’intégrité et la conformité réglementaire sont valorisées à tous les niveaux.
a. Codes de Conduite et Politiques Internes : Des Lignes Directrices Claires
Des codes de conduite clairs et des politiques internes détaillées servent de guide aux employés et définissent les attentes en matière de comportement professionnel.
b. Formation à la Conformité : L’Apprentissage Continu des Règles du Jeu
Une formation régulière et ciblée sur les réglementations en vigueur est indispensable pour que les employés comprennent leurs obligations et les risques associés à la non-conformité.
B. La Gestion des Risques : Un Bouclier Contre les Imprévus
La gestion des risques n’est pas une option, mais une nécessité absolue pour la survie et le succès d’un courtier. L’EIOPA attend des dispositifs robustes en la matière.
1. Identification et Évaluation des Risques : La Cartographie du Terrain Dangereux
Les courtiers doivent être capables d’identifier l’ensemble des risques auxquels ils sont exposés, qu’ils soient opérationnels, financiers, stratégiques ou liés à la conformité. Cette identification doit être suivie d’une évaluation rigoureuse de leur probabilité et de leur impact potentiel.
a. Registre des Risques : Un Inventaire Indispensable
Un registre des risques bien tenu, qui recense toutes les menaces identifiées et leur statut, est un outil de gestion fondamental.
b. Scénarios de Stress Tests : Simuler les Pires Cas de Figure
La réalisation de tests de stress permet de comprendre comment l’entreprise réagirait dans des conditions de marché extrêmes, aidant ainsi à identifier les vulnérabilités critiques.
2. Mesures d’Atténuation et de Contrôle : Des Barrières Efficaces
Une fois les risques identifiés et évalués, des mesures doivent être mises en place pour les atténuer ou les contrôler.
a. Développement de Procédures de Contrôle : Des Garde-Fous Opérationnels
Des procédures de contrôle interne solides permettent de prévenir les erreurs, les fraudes et les manquements à la conformité.
b. Plans d’Action Corrective : Réagir aux Faiblesses Détectées
Dès lors qu’une faiblesse est identifiée, des plans d’action correctifs doivent être élaborés et mis en œuvre rapidement pour remédier au problème.
C. La Conformité Réglementaire : Au-delà de la Lettre, l’Esprit de la Loi
Dans un secteur aussi réglementé que l’assurance, la conformité n’est pas seulement une obligation légale, c’est un gage de confiance.
1. Suivi et Mise à Jour des Obligations Réglementaires : Être Toujours à la Page
Les réglementations évoluent constamment. Les courtiers doivent disposer de mécanismes pour suivre ces évolutions et s’assurer que leurs pratiques restent en conformité.
a. Veille Réglementaire : Une Discipline Essentielle
Une veille réglementaire proactive et efficace est fondamentale pour anticiper les changements et s’y adapter en temps voulu.
b. Adaptation des Processus et des Systèmes : La Réactivité Indispensable
Lorsque de nouvelles réglementations entrent en vigueur, les courtiers doivent être capables d’adapter rapidement leurs processus internes et leurs systèmes informatiques.
2. Contrôles Internes et Externes : Vérifier la Validité des Dispositifs
Des contrôles internes réguliers et, lorsque nécessaire, des audits externes permettent de s’assurer que les dispositifs de conformité sont en place et fonctionnent correctement.
a. Audits Internes : L’Auto-Diagnostic Rigoureux
Les audits internes permettent d’identifier les écarts potentiels entre les pratiques réelles et les exigences réglementaires.
b. Interactions avec les Superviseurs : Une Communication Ouverte
L’EIOPA et les autorités nationales compétentes réalisent des inspections et des contrôles. Les courtiers doivent faciliter ces interactions et fournir les informations demandées de manière transparente.
IV. L’Innovation Responsable : Embrasser le Futur avec Prudence
L’EIOPA ne cherche pas à freiner l’innovation, mais à s’assurer qu’elle s’inscrit dans un cadre responsable et qu’elle ne crée pas de risques excessifs pour les consommateurs ou pour la stabilité du système financier. Les courtiers sont donc encouragés à innover, mais avec discernement.
A. L’Adoption des Nouvelles Technologies : Une Approche Mesurée
Comme mentionné précédemment, l’adoption des technologies émergentes est un axe de développement important. Cependant, l’EIOPA souligne la nécessité d’une approche prudente.
1. Évaluation des Risques Liés aux Nouvelles Technologies : Ne pas Investir à l’Aveugle
Avant de déployer une nouvelle technologie, ses implications en termes de sécurité, de protection des données, d’éthique et d’impact sur la qualité de service doivent être minutieusement évaluées.
a. Tests Pilotes et Projets Expérimentaux : Tester avant de Déployer à Grande Échelle
Les technologies nouvelles devraient idéalement être testées en conditions réelles mais limitées, afin d’identifier et de corriger les problèmes potentiels avant un déploiement généralisé.
b. Analyse d’Impact sur la Réglementation et la Conformité : Se Mettre en Conformité en Amont
Il est crucial d’anticiper comment une nouvelle technologie s’intégrera dans le cadre réglementaire existant et d’identifier les éventuelles adaptations nécessaires.
2. Évolution des Modèles d’Affaires : S’Adapter avec Agilité
La numérisation et les nouvelles technologies entraînent une évolution des modèles d’affaires traditionnels. Les courtiers doivent être prêts à adapter leurs stratégies pour rester compétitifs.
a. Nouveaux Canaux de Distribution : Exploiter la Diversité des Plateformes
L’essor des canaux de distribution en ligne et des plateformes numériques ouvre de nouvelles opportunités, mais nécessite une adaptation des stratégies de vente et de marketing.
b. Offres de Services Enrichies : Aller au-delà du Produit d’Assurance
Les courtiers peuvent évoluer vers des modèles d’affaires offrant des services à valeur ajoutée, tels que la prévention des risques, la gestion de sinistres simplifiée ou le conseil personnalisé, s’appuyant sur les données disponibles.
B. La Formation et le Développement des Compétences : L’Humain au Cœur de l’Innovation
L’innovation technologique doit être accompagnée par le développement des compétences humaines.
1. Acquérir les Compétences Numériques : Adapter l’Expertise au Nouveau Monde
Les courtiers doivent s’assurer que leurs équipes disposent des compétences numériques nécessaires pour naviguer dans un environnement de plus en plus digitalisé.
a. Formation aux Outils Numériques : La Maîtrise des Nouvelles Technologies
Des programmes de formation ciblés sur l’utilisation des outils numériques, des plateformes d’analyse de données et des systèmes d’automatisation sont essentiels.
b. Développement des Compétences Analytiques : Tirer Parti des Données
La capacité à interpréter et à exploiter les données est devenue une compétence clé. Les courtiers doivent investir dans le développement des compétences analytiques de leurs équipes.
2. Cultiver une Culture d’Apprentissage Continu : Rester Performant dans un Monde en Changement
Le secteur de l’assurance est en constante évolution. Les courtiers doivent encourager une culture d’apprentissage continu pour maintenir leur expertise et s’adapter aux nouvelles tendances.
a. Encourager la Recherche et le Développement : Explorer les Nouvelles Frontières
Investir dans la recherche et le développement permet aux courtiers de rester à la pointe des innovations et d’identifier les opportunités futures.
b. Partage des Connaissances et des Bonnes Pratiques : Apprendre des Pairs
La mise en place de mécanismes de partage des connaissances et des bonnes pratiques au sein de l’entreprise, voire entre courtiers, peut accélérer l’adoption des innovations et améliorer la performance globale du secteur.
V. La Lutte contre le Blanchiment d’Argent et le Financement du Terrorisme (LBA/FT) : Un Devoir Sociétal Indéfectible
| Priorité de supervision | Description | Indicateurs clés | Objectif 2026 |
|---|---|---|---|
| Conformité réglementaire | Vérification du respect des obligations légales et réglementaires par les courtiers | Taux de conformité, nombre de non-conformités détectées | Atteindre un taux de conformité supérieur à 95% |
| Gestion des conflits d’intérêts | Évaluation des mécanismes mis en place pour identifier et gérer les conflits d’intérêts | Nombre de conflits déclarés, procédures documentées | Réduction des conflits non gérés à moins de 2% |
| Transparence des informations | Contrôle de la clarté et de la transparence des informations fournies aux clients | Qualité des documents d’information, taux de plaintes clients | Améliorer la satisfaction client de 10% |
| Formation et compétence | Vérification des programmes de formation continue et de la compétence des courtiers | Nombre d’heures de formation, certifications obtenues | 100% des courtiers formés annuellement |
| Protection des données | Contrôle des mesures de protection des données personnelles des clients | Nombre d’incidents de sécurité, conformité RGPD | 0 incident majeur de violation de données |
L’EIOPA, en collaboration avec les autres autorités européennes, redouble d’efforts pour lutter contre les nouvelles formes de criminalité financière. Les courtiers, en tant qu’acteurs du secteur financier, ont un rôle crucial à jouer dans cette lutte.
A. Le Renforcement des Procédures de Diligence Raisonnable : Mieux Connaître ses Clients
La connaissance approfondie de ses clients (“Know Your Customer” – KYC) est la pierre angulaire de la lutte contre le blanchiment d’argent.
1. Identification et Vérification de l’Identité des Clients : Des Contrôles Renforcés
Les courtiers doivent mettre en place des procédures robustes pour identifier et vérifier l’identité de leurs clients, y compris celle des bénéficiaires effectifs. Cela inclut la collecte de documents d’identité valides et leur vérification.
a. Collecte de Données KYC : Une Documentation Exhaustive
Les informations collectées doivent être complètes et précises, couvrant tous les aspects nécessaires à une identification fiable.
b. Vérification des Identités : Des Outils et des Méthodes Fiables
L’utilisation d’outils de vérification d’identité, de bases de données externes et de processus de contrôle permet de garantir l’authenticité des informations fournies.
2. Évaluation des Risques Clients : Adapter son Niveau de Vigilance
Tous les clients ne présentent pas le même niveau de risque. Les courtiers doivent être capables d’évaluer ce risque et d’adapter leurs mesures de vigilance en conséquence.
a. Classification des Clients par Niveau de Risque : Une Approche Segmentée
Les clients doivent être classifiés en fonction de leur exposition potentielle au blanchiment d’argent, allant de faible à élevé.
b. Mesures de Diligence Raisonnable à Deux Volets (Standard et Accrues) : Une Réponse Proportionnée
Les procédures de diligence raisonnable standard s’appliquent à la majorité des clients, tandis que les « diligences accrues » sont mises en œuvre pour les clients considérés comme à plus haut risque.
B. La Déclaration des Opérations Suspectes : La Vigilance Active
La détection et la déclaration des opérations suspectes sont essentielles pour alerter les autorités compétentes.
1. Identification des Indicateurs de Suspicion : Savoir Reconnaître les Signaux Faibles
Les courtiers doivent se familiariser avec les différents indicateurs qui peuvent laisser présager une opération de blanchiment ou de financement du terrorisme.
a. Formation du Personnel aux Indicateurs de Suspicion : Un Savoir Indispensable
Une formation adéquate du personnel aux divers schémas de blanchiment et aux signaux d’alerte est primordiale.
b. Surveillance des Transactions : Analyser les Flux Financiers
La surveillance attentive des transactions, notamment celles qui sortent de l’ordinaire ou qui sont d’un montant inhabituel, peut révéler des activités suspectes.
2. Procédures de Déclaration des Opérations Suspectes : Un Devoir de Transparence
Les courtiers ont l’obligation de déclarer toute opération suspecte aux autorités compétentes, sans en informer le client concerné.
a. Mise en Place de Canaux de Communication Internes et Externes : Faciliter l’Alerte
Des canaux de communication clairs et sécurisés doivent être établis pour permettre aux employés de signaler des suspicions en interne et pour transmettre ces informations aux autorités compétentes.
b. Confidentialité et Protection des Agents : Ne Pas Dénoncer Mais Signaler
Il est crucial de garantir la confidentialité des informations partagées et de protéger les employés qui signalent des opérations suspectes contre d’éventuelles représailles.
C. La Conformité avec les Sanctions Internationales : Un Engagement Mondial
Les courtiers doivent s’assurer qu’ils respectent les régimes de sanctions internationales en vigueur, ce qui implique de ne pas conclure de transactions avec des personnes ou des entités visées par ces sanctions.
1. Mise à Jour des Listes de Sanctions : Rester Informé des Interdictions
Les listes de sanctions sont dynamiques et sujettes à des modifications fréquentes. Les courtiers doivent maintenir leurs systèmes à jour pour refléter ces changements.
a. Accès aux Listes Officielles : Une Source d’Information Indispensable
L’accès régulier aux listes de sanctions émises par les organismes internationaux (ONU, UE, OFAC, etc.) est une nécessité.
b. Systèmes de Filtrage Efficaces : Une Barrière Technologique Contre les Transactions Interdites
La mise en place de systèmes de filtrage performants permet de détecter et de bloquer les transactions impliquant des entités ou des individus sous sanctions.
2. Surveillance Continue des Opérations : Une Vigilance Constante
Au-delà du filtrage initial, une surveillance continue des transactions est nécessaire pour intercepter les activités potentiellement non conformes.
a. Analyse des Profils de Clients et des Transactionnel : Détecter les Anomalies
L’analyse des profils de clients et de leur historique transactionnel peut aider à identifier des schémas suspects qui n’auraient pas été détectés lors du filtrage initial.
b. Collaboration avec les Autorités : Un Partenariat pour la Sécurité
Les courtiers doivent être prêts à collaborer étroitement avec les autorités de régulation en cas de questions ou d’enquêtes relatives à des sanctions.
En conclusion, la check-list 2026 de l’EIOPA pour les courtiers en assurance n’est pas qu’une simple liste de tâches ; c’est une feuille de route stratégique qui dessine les contours de l’avenir du courtage en assurance en Europe. Les courtiers qui parviendront à naviguer avec succès dans ces priorités de supervision ne feront pas que se conformer aux exigences ; ils se positionneront comme des acteurs résilients, innovants et fiables, prêts à relever les défis de demain et à continuer à servir au mieux leurs clients dans un environnement en constante mutation. L’heure est à l’action, à l’adaptation et à l’engagement proactif pour prospérer dans le paysage réglementaire qui se dessine.


