La biodiversité, une nouvelle norme pour les assureurs et les réassureurs : le benchmark 2025
Chers professionnels du secteur de l’assurance et de la banque, vous naviguez déjà dans des eaux complexes, où la gestion des risques, la conformité réglementaire et la recherche de rentabilité sont des défis quotidiens. Aujourd’hui, une nouvelle marée monte, porteuse de changements profonds et d’opportunités inexplorées : la biodiversité. Loin d’être une simple préoccupation environnementale marginale, elle se profile comme un facteur déterminant dans l’évaluation des risques, la structuration des solvabilités et la stratégie globale des acteurs du marché. Le benchmark 2025 que nous abordons est une plongée stratégique dans cette réalité emergente.
Dans ce paysage en mutation rapide, l’intégration de la biodiversité n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. Les pressions réglementaires s’intensifient, les attentes des investisseurs se précisent et les impacts physiques du déclin de la biodiversité sur l’économie commencent à se matérialiser de manière tangible. Ce panorama vise à décortiquer les implications de cette tendance pour votre cœur de métier, à travers le prisme du portefeuille d’investissement, de la réassurance et du cadre Solvabilité II. Nous explorerons les outils, les méthodologies et les défis qui se présentent à vous en vue de cette échéance de 2025.
Vous êtes habitués à évaluer la valeur et le risque de vos portefeuilles d’actifs en fonction de critères financiers classiques : performance historique, volatilité, notation de crédit, etc. Désormais, la biodiversité vient complexifier cette équation. Non seulement la dégradation des écosystèmes peut avoir des conséquences économiques directes sur certains secteurs d’activité, mais elle introduit également des risques subjectifs et systémiques qui nécessitent une nouvelle grille d’analyse. Le lien entre la santé des écosystèmes et la stabilité financière est de plus en plus documenté, et les investisseurs, tout comme les régulateurs, commencent à le traduire en exigences concrètes. 2025 marquera une étape supplémentaire dans l’intégration de ces considérations dans vos stratégies d’allocation d’actifs.
Évaluation des risques de biodiversité dans les portefeuilles d’actions et d’obligations
L’évaluation des risques de biodiversité dans les portefeuilles d’actions et d’obligations est la première pierre du puzzle. Il ne s’agit pas seulement d’identifier les entreprises “pollueuses”, mais de comprendre comment toute une chaîne de valeur, des matières premières à la consommation, interagit avec les écosystèmes.
Risques de transition liés à la biodiversité
Les risques de transition sont ceux qui découlent de l’évolution vers une économie plus durable en matière de biodiversité. Cela inclut les changements réglementaires, les évolutions technologiques et les modifications des préférences des consommateurs.
- Évolutions réglementaires : De nouvelles lois visant à protéger la biodiversité peuvent imposer des contraintes importantes aux entreprises, affectant leurs coûts de production, leurs modèles d’affaires et leur accès aux marchés. Pensez aux restrictions sur l’utilisation de certains produits chimiques ou à l’obligation de restaurer des zones dégradées. Pour vos actifs, cela peut se traduire par une dépréciation de leur valeur ou une augmentation de leur risque de défaut.
- Avancées technologiques : Le développement de technologies plus respectueuses de l’environnement, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie ou l’énergie, peut rendre obsolètes les technologies existantes et pénaliser les entreprises qui peinent à s’adapter. L’essor des énergies renouvelables et des pratiques agricoles durables en est un exemple flagrant.
- Changements dans les préférences des consommateurs : Les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux de biodiversité. Les entreprises qui ne répondent pas à ces attentes voient leur réputation ternie et leurs ventes diminuer. Cela impacte directement la performance financière des entreprises cotées et la fidélisation de leurs clients.
Risques physiques liés à la biodiversité
Les risques physiques sont les conséquences directes des modifications des écosystèmes sur l’économie et les entreprises. Le déclin de la biodiversité n’est pas une abstraction ; il a des manifestations concrètes qui peuvent déstabiliser les chaînes d’approvisionnement et les opérations.
- Degradation des services écosystémiques : Les écosystèmes fournissent des services essentiels, tels que la pollinisation des cultures, la purification de l’eau, la régulation du climat et la protection contre l’érosion. Leur dégradation entraîne une diminution de la disponibilité de ces services, augmentant les coûts de production dans de nombreux secteurs, de l’agriculture au tourisme.
- Extrêmes climatiques amplifiés : La perte de biodiversité peut exacerber les impacts des événements climatiques extrêmes. Par exemple, la destruction des mangroves réduit la protection côtière contre les ondes de tempête, entraînant des dommages plus importants lors des ouragans.
- Pénurie de ressources naturelles : La surexploitation des ressources naturelles, comme la déforestation et la surpêche, compromet la disponibilité future de matières premières essentielles pour de nombreuses industries. Cela crée des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une volatilité accrue des prix.
Intégration des données et de la méthodologie pour la gestion des actifs durables
Pour intégrer ces risques, il est impératif de disposer de données fiables et de méthodologies robustes. On ne peut pas gérer efficacement ce que l’on ne mesure pas.
Sources de données sur la biodiversité
La qualité et la disponibilité des données sur la biodiversité sont encore un défi. Cependant, plusieurs sources émergent.
- Bases de données existantes : Des organisations comme l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) ou BirdLife International fournissent des informations sur les espèces menacées et les habitats. Les initiatives gouvernementales, comme les inventaires nationaux du patrimoine naturel, contribuent également à cette base de connaissances.
- Données d’entreprises : De plus en plus d’entreprises publient des rapports sur leur impact de biodiversité, bien que la standardisation et la comparabilité soient encore limitées. Les indices de durabilité et les cadres de reporting tels que le GRI (Global Reporting Initiative) ou le SASB (Sustainability Accounting Standards Board) sont des outils potentiels.
- Modélisation et intelligence artificielle : Des modèles prédictifs et des outils d’IA sont développés pour estimer l’impact de biodiversité des activités économiques, en combinant des données satellitaires, des analyses d’utilisation des sols et des informations sur les espèces.
Cadres d’analyse et d’évaluation
Plusieurs cadres sont en cours de développement pour aider les investisseurs à évaluer l’exposition de leurs portefeuilles à la biodiversité.
- Analyse d’empreinte de biodiversité : Cette approche vise à quantifier l’impact des activités d’une entreprise sur la perte de biodiversité, en utilisant des indicateurs tels que la surface d’habitat dégradé ou l’impact sur les espèces menacées.
- Évaluation des dépendances et des impacts : Il s’agit de cartographier les dépendances d’une entreprise vis-à-vis des écosystèmes (par exemple, pour ses matières premières) et ses impacts sur ces mêmes écosystèmes. Cela permet de mieux cerner les risques et les opportunités.
- Scénarios de risque : L’élaboration de scénarios basés sur différentes trajectoires de déclin de la biodiversité permet d’anticiper les impacts futurs sur les performances des actifs.
Investissements dans les solutions pour la biodiversité : une nouvelle frontière
Au-delà de la gestion des risques, le secteur financier a un rôle crucial à jouer dans le financement de solutions pour la restauration et la protection de la biodiversité.
Le rôle des obligations vertes et sociales
Les obligations vertes et sociales, de plus en plus populaires, peuvent être un vecteur pour le financement de projets ayant un impact positif sur la biodiversité.
- Obligations vertes spécifiques à la biodiversité : Ces instruments financiers permettent de lever des fonds dédiés à des projets tels que la restauration de forêts, la protection des océans ou le développement d’une agriculture régénératrice.
- Obligations sociales pour les communautés locales : Le lien entre la biodiversité et le bien-être des communautés locales est indissociable. Des obligations sociales peuvent financer des projets qui soutiennent ces communautés tout en promouvant la conservation.
Investissement dans les entreprises innovantes
Le secteur de l’innovation pour la biodiversité est en plein essor. Identifier et soutenir ces entreprises peut générer des rendements financiers tout en contribuant à des solutions.
- Entreprises de biotechnologie axées sur la conservation : Développement de solutions pour dépolluer, restaurer des sols ou surveiller la biodiversité.
- Entreprises spécialisées dans l’agroécologie et l’agriculture régénératrice : Technologies et pratiques qui augmentent la résilience des systèmes agricoles tout en améliorant la biodiversité.
- Sociétés dédiées à la gestion durable des forêts et des ressources marines : Exploitation et valorisation des ressources naturelles dans le respect de leur capacité de renouvellement.
Réassurance : redéfinir la couverture face aux risques émergents
La réassurance, pilier de la stabilité du secteur assurantiel, est directement confrontée aux conséquences physiques du déclin de la biodiversité. Les événements extrêmes, dont la fréquence et l’intensité sont exacerbées par la dégradation des écosystèmes, font grimper les sinistres. Le benchmark 2025 vous pousse à anticiper et à adapter vos modèles de souscription et de capitalisation pour ces risques désormais inévitables.
Modélisation des impacts des pertes de biodiversité sur les catastrophes naturelles
La compréhension des liens entre biodiversité et catastrophes naturelles est fondamentale pour la modélisation des risques.
Interactions entre la dégradation des écosystèmes et la fréquence/intensité des événements extrêmes
La perte de biodiversité n’est pas seulement une victime, elle est aussi un amplificateur.
- Submersion côtière et érosion : La destruction des mangroves, des récifs coralliens et des dunes côtières prive les zones littorales de leur protection naturelle contre les tempêtes et l’érosion, augmentant les dommages causés par les inondations et la montée des eaux.
- Risques d’inondation terrestre : La déforestation et la dégradation des sols réduisent leur capacité à absorber l’eau, augmentant le ruissellement et le risque d’inondations soudaines en aval. La gestion durable des bassins versants devient donc un enjeu réassurantiel majeur.
- Sécheresses et feux de forêt : Un climat dégradé par la perte de la couverture végétale peut favoriser des périodes de sécheresse plus longues et plus intenses, augmentant le risque de feux de forêt d’une ampleur inédite.
Adaptation des modèles actuariels pour l’intégration des risques “biodiversité”
Les modèles actuariels classiques, centrés sur les données historiques, montrent leurs limites face à des risques dont la dynamique est altérée par la dégradation environnementale.
- Intégration de paramètres “écosystémiques” : Il est nécessaire d’inclure dans les modèles des paramètres tels que l’état de santé des forêts, la couverture végétale, la qualité des sols ou la santé des zones humides pour affiner l’évaluation des risques d’inondation, de glissement de terrain ou de sécheresse.
- Analyse de scénarios “biodiversité” : Développer des scénarios prospectifs basés sur différentes trajectoires de déclin de la biodiversité et leurs impacts sur les événements extrêmes. Cela permet de tester la résilience des portefeuilles réassuranciels.
- Utilisation d’outils basés sur la science : Collaboration avec des scientifiques pour intégrer des données et des modèles de plus en plus sophistiqués sur les interactions entre le climat, les écosystèmes et les événements extrêmes.
Produits de réassurance innovants pour les risques liés à la biodiversité
Le marché de la réassurance doit innover pour proposer des solutions adaptées aux nouveaux risques.
Couvertures pour les risques agricoles et alimentaires
L’agriculture, secteur hypersensible aux variations de la biodiversité, justifie une attention particulière.
- Assurance récolte paramétrique basée sur des indices écologiques : Au-delà des conditions météorologiques, ces produits pourraient prendre en compte des indices de santé des sols, de disponibilité de pollinisateurs ou de présence de ravageurs liés à la dégradation de la biodiversité.
- Assurance contre la perte de services écosystémiques pour les agriculteurs : Financement des agriculteurs qui maintiennent ou restaurent des écosystèmes fournissant des services indirects, comme la protection contre l’érosion ou la rétention d’eau.
Solutions pour la restauration écologique et la résilience des infrastructures
La réassurance peut également jouer un rôle dans le financement et la garantie de projets de restauration.
- Garantie de performance pour les projets de restauration : Offrir aux investisseurs la garantie que les projets de restauration d’écosystèmes (mangroves, forêts) atteindront leurs objectifs et offriront la protection attendue contre les risques naturels.
- Assurance pour les infrastructures vertes : Couverture des infrastructures naturelles (parcs, zones humides) conçues pour atténuer les risques, en reconnaissant leur valeur économique et leur contribution à la résilience.
Collaboration avec les assureurs directs et les entités publiques
Pour relever ces défis, la collaboration est essentielle.
Partage d’informations et de données sur les risques émergents
Une meilleure connaissance des risques nécessite un flux d’informations harmonisé.
- Plateformes de partage de données : Création d’espaces où les assureurs et les réassureurs peuvent partager des données anonymisées sur les sinistres, les expositions et les indicateurs de risques de biodiversité.
- Développement de méthodologies communes : Travailler ensemble pour établir des cadres d’évaluation des risques de biodiversité qui soient reconnus et utilisés par l’ensemble du secteur.
Partenariats pour le développement de solutions de marché
L’innovation se nourrit de la coopération.
- Co-développement de nouveaux produits : Les réassureurs peuvent lancer des appels à projets auprès des assureurs directs pour identifier les besoins en produits d’assurance innovants liés à la biodiversité.
- Collaboration avec les institutions financières internationales et les gouvernements : Pour structurer des financements innovants et des cadres réglementaires favorables à la protection de la biodiversité.
Solvabilité II : une nouvelle lecture des exigences réglementaires

Solvabilité II, cadre réglementaire que vous maîtrisez, évolue. Le déclin de la biodiversité n’est plus considéré comme une “externalité” mais comme un risque financier potentiel, nécessitant une intégration dans les calculs de solvabilité. Le benchmark 2025 vous invite à anticiper les évolutions futures, notamment celles issues des travaux en cours au sein de l’EIOPA et des autorités de supervision nationales. L’intégration des risques ESG, et plus particulièrement de la biodiversité, dans le pilier 1 et le pilier 3 de Solvabilité II est une tendance de fond.
Exposition des provisions techniques aux risques de biodiversité
Les provisions techniques, socle de votre solvabilité, doivent refléter la réalité des risques encourus.
Risques d’exigibilité des passifs liés aux événements climatiques et de biodiversité
Les événements extrêmes causés ou amplifiés par le déclin de la biodiversité peuvent entraîner des vagues de sinistres importants, affectant directement vos provisions.
- Augmentation des sinistres indemnisables : Les événements naturels plus fréquents et plus intenses se traduisent par une augmentation des demandes d’indemnisation, qui viennent puiser dans vos provisions techniques. Le manque de résilience des écosystèmes rend ces événements plus coûteux.
- Impact sur les schémas de morbidité et de mortalité : Les dégradations environnementales peuvent également avoir des conséquences sur la santé humaine, affectant potentiellement les branches de branches vie et santé, augmentant les coûts des prestations.
Évaluations actuarielles et impact sur les primes
L’évaluation des risques de biodiversité doit donc se répercuter sur vos calculs actuariels et, in fine, sur votre politique de tarification.
- Tarification des risques en constante évolution : Les assureurs devront ajuster leurs primes pour refléter la prime de risque accrue liée aux scénarios de biodiversité. Un défaut d’anticipation peut conduire à des lacunes dans les provisions.
- Modélisation de scénarios prospectifs : Intégrer des scénarios de dégradation de biodiversité dans la modélisation des risques futurs pour évaluer la suffisance des fonds propres.
Les exigences du Pilier 3 de Solvabilité II : transparence et reporting
La transparence sur les risques est un pilier fondamental de Solvabilité II, et la biodiversité ne fait pas exception.
Reporting des expositions aux risques ESG, y compris la biodiversité
Les régulateurs demandent une visibilité accrue sur la manière dont les assureurs appréhendent les risques ESG.
- Publication des risques de transition et physiques liés à la biodiversité : Les rapports Solvabilité II devront décrire les méthodologies utilisées pour identifier et quantifier ces risques dans les portefeuilles d’assurance.
- Indicateurs clés de performance (KPIs) liés à la biodiversité : Les autorités de supervision pourraient imposer la publication d’indicateurs spécifiques, tels que le pourcentage d’actifs exposés aux secteurs à fort impact sur la biodiversité, ou les investissements dans des activités de restauration.
Influence sur la relation avec les superviseurs
Une communication claire et proactive sur ces sujets renforce la crédibilité auprès des autorités de contrôle.
- Dialogue sur les méthodologies d’évaluation : Les assureurs doivent pouvoir expliquer aux superviseurs comment ils intègrent les risques de biodiversité dans leurs modèles internes et leurs calculs de SCR (Solvency Capital Requirement).
- Anticipation des évolutions réglementaires : Les acteurs qui s’investissent dès maintenant dans l’évaluation des risques de biodiversité seront mieux préparés aux futures exigences réglementaires, renforçant ainsi leur position face aux superviseurs.
Le Pilier 1 : intrinsèquement lié aux risques de biodiversité
Le calcul du capital requis ne peut ignorer les risques liés à la biodiversité, qu’ils soient physiques ou de transition.
Impact du risque de biodiversité sur le calcul du SCR (Solvency Capital Requirement)
Le capital requis doit couvrir adéquatement les risques auxquels l’entreprise est exposée.
- Modifications des modules de risque existants : Les risques physiques liés à la biodiversité peuvent affecter les modules de risque catastrophe naturelle. Les risques de transition peuvent impacter les modules de risque de marché et de crédit.
- Développement de nouveaux risques : À terme, des exigences spécifiques au risque de biodiversité pourraient émerger, nécessitant une modélisation et une quantification dédiées.
L’importance de l’alerte précoce et de la gestion proactive des risques
Une approche réactive ne suffit plus. Il faut anticiper les évolutions.
- Intégration des risques de biodiversité dans les tests de stress : Les tests de stress doivent intégrer des scénarios de déclin accéléré de la biodiversité et leurs impacts potentiels sur la solvabilité.
- Stratégies d’atténuation et de gestion des risques : Les assureurs devront démontrer qu’ils mettent en place des stratégies actives pour réduire leur exposition aux risques de biodiversité, que ce soit par des investissements plus responsables ou des produits d’assurance plus performants.
Le rôle des risques ESG dans la stratégie globale des acteurs financiers

Au-delà de Solvabilité II, la biodiversité s’inscrit dans une démarche plus vaste de prise en compte des enjeux Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). 2025 est une année charnière pour passer de l’intention à l’action concrète, en intégrant ces considérations au cœur de votre stratégie d’entreprise.
La biodiversité comme composante essentielle de la stratégie ESG
Les risques et opportunités liés à la biodiversité ne sont pas des éléments isolés, mais des volets importants de la performance ESG globale.
Dépendance croissante des entreprises à l’égard des services écosystémiques
Les entreprises, quelles que soient leur taille ou leur secteur, dépendent, directement ou indirectement, de la nature.
- Matières premières : Les industries agroalimentaires, textiles, pharmaceutiques et de la construction dépendent de ressources extraites de la nature. Une dégradation de celle-ci impacte la disponibilité et le coût de ces matières premières.
- Régulation environnementale : Les écosystèmes contribuent à la régulation du climat, à la purification de l’eau, à la pollinisation, etc. Le dysfonctionnement de ces services peut entraîner des coûts supplémentaires pour les entreprises dans leur production, leur logistique, etc.
- Image de marque et acceptabilité sociale : Les entreprises qui montrent des signes de dégradation de leur environnement sont de plus en plus mal vues par les consommateurs et les autres parties prenantes.
Opportunités d’innovation et de différenciation
La prise en compte de la biodiversité peut être un moteur d’innovation et un levier de différenciation concurrentielle.
- Développement de produits et services durables : Les entreprises qui proposent des alternatives durables et respectueuses de la biodiversité gagnent en part de marché et en fidélisation client.
- Optimisation des ressources et réduction des coûts : Des pratiques agricoles ou industrielles plus durables peuvent permettre une meilleure utilisation des ressources, entraînant une réduction des coûts à long terme.
- Attractivité pour les talents : Les professionnels, particulièrement les jeunes générations, sont de plus en plus sensibles aux engagements environnementaux des entreprises.
L’impératif de la gouvernance pour une gestion efficace des risques biodiversité
Une gouvernance solide est la clé de voûte de toute stratégie réussie.
Intégration de la biodiversité dans la gouvernance d’entreprise
La biodiversité doit être intégrée aux structures de décision et aux comités stratégiques.
- Responsabilité des instances dirigeantes : Les conseils d’administration et les comités de direction doivent avoir la responsabilité de définir et de superviser la stratégie de l’entreprise en matière de biodiversité.
- Mise en place de comités dédiés : Création de comités transversaux qui rassemblent les experts des différentes fonctions (risque, investissement, développement durable) pour coordonner les actions.
Rémunération et incitations pour la performance biodiversité
Aligner les incitations sur les objectifs de performance est un levier puissant.
- Lien entre rémunération des dirigeants et objectifs biodiversité : Intégrer des indicateurs de performance liés à la biodiversité dans le calcul des primes et des rémunérations des dirigeants et des équipes opérationnelles.
- Création de programmes de reconnaissance : Valoriser les initiatives et les succès des collaborateurs en matière de biodiversité.
Collaboration et engagement avec les parties prenantes
La transition vers une économie plus respectueuse de la biodiversité est une affaire collective.
Dialogue avec les ONG, les régulateurs et le monde de la recherche
Construire une compréhension commune et des solutions partagées nécessite une concertation.
- Partage d’expertise : Établir des partenariats pour bénéficier de l’expertise des ONG environnementales, des chercheurs et des régulateurs en matière de biodiversité.
- Contribution aux cadres réglementaires : Participer activement aux consultations publiques et aux groupes de travail sur l’évolution des réglementations.
Mobilisation des clients et des assurés
Les assureurs ont un rôle pédagogique et de catalyseur.
- Campagnes de sensibilisation : Informer les clients et les assurés sur l’importance de la biodiversité et les risques associés.
- Proposer des solutions d’assurance incitatives : Développer des produits qui récompensent les comportements vertueux en matière de biodiversité, encourageant ainsi la transition.
En conclusion, le benchmark 2025 met en lumière la transformation profonde que la biodiversité impose au secteur de l’assurance et de la banque. L’intégration de ces enjeux dans vos portefeuilles d’investissement, vos stratégies de réassurance et vos cadres de solvabilité est désormais incontournable. Les défis sont réels, mais les opportunités de construire un avenir financier plus résilient et plus durable le sont aussi. Les acteurs qui sauront anticiper et s’adapter sortiront renforcés de cette nouvelle ère.


