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Transformation et organisation

16 min de lecture

Guide 2025 : Se mettre en conformité avec PRIIPs sans freiner la transformation

Chers lecteurs, experts du secteur bancaire et assurantiel, L'année 2025 se profile à l'horizon comme un jalon significatif dans le paysage réglementaire européen, et plus particulièrement pour les acteurs qui distribuent ou conçoivent des...

Photo PRIIPs
01 Comprendre le cadre

Repérer les obligations, les risques et les points d’attention métier.

02 Relier les équipes

Faire le lien entre conformité, opérations, data, SI et expérience client.

03 Passer à l’action

Identifier les chantiers où un renfort assurance peut sécuriser l’exécution.

Chers lecteurs, experts du secteur bancaire et assurantiel,

L’année 2025 se profile à l’horizon comme un jalon significatif dans le paysage réglementaire européen, et plus particulièrement pour les acteurs qui distribuent ou conçoivent des produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance (PRIIPs). Le Règlement (UE) n°1286/2014, plus communément appelé Réglement PRIIPs, n’est pas une nouveauté. Cependant, son application connaît une mue progressive et ses implications, tant pour la protection des investisseurs que pour la stratégie opérationnelle des institutions financières, sont loin d’être figées.

L’objectif initial du régulateur européen était de renforcer la transparence et la comparabilité des produits financiers complexes, en imposant la production d’un Document d’Informations Clés (DIC ou KID, Key Information Document) standardisé pour une large gamme de produits. Ce DIC vise à fournir aux investisseurs de détail une information concise, claire et non trompeuse sur les caractéristiques essentielles, les risques et les coûts associés à ces produits, avant toute souscription.

Historiquement, l’entrée en vigueur initialement prévue en 2017 a nécessité des ajustements et des clarifications, notamment concernant la méthodologie de calcul des scénarios de performance et la présentation des coûts. Le prolongement de la période de transition pour certains produits, notamment les fonds nourriciers et les fonds maîtres UCITS (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières), jusqu’au 31 décembre 2022, a permis au marché de s’adapter progressivement. Cependant, l’intégration complète des UCITS et la dernière révision des normes techniques de réglementation (RTS) par le Règlement Délégué (UE) 2021/2268 de la Commission ont marqué une intensification des exigences.

Pour 2025, le challenge n’est plus seulement de produire un DIC, mais de le faire de manière optimale, dynamique et intégrée à une stratégie de transformation digitale. Se mettre en conformité avec PRIIPs ne doit plus être perçu comme un simple coût opérationnel, un fardeau réglementaire, mais comme un catalyseur pour repenser l’expérience client, rationaliser les processus internes et, in fine, renforcer la confiance et la compétitivité. L’image de Sisyphe roulant éternellement son rocher est pertinente ici si l’on ne parvient pas à transformer la contrainte en une opportunité structurelle.

Cette publication a pour ambition de vous guider à travers les arcanes de cette conformité, en adoptant une perspective pragmatique et stratégique. Elle s’inscrit dans une logique de mutualisation des meilleures pratiques et d’anticipation des défis à venir, sans succomber à la rhétorique promotionnelle.

1. L’Extension du Périmètre et la Complexité des Calculs : Une Nouvelle Ère pour les Acteurs

L’un des défis majeurs de la dernière itération de PRIIPs réside dans l’extension significative de son périmètre d’application et dans la sophistication accrue des méthodologies de calcul.

1.1. L’intégration des UCITS : Fin d’une période de transition

Jusqu’à fin 2022, les UCITS bénéficiaient d’une exemption leur permettant de continuer à utiliser le KIID (Key Investor Information Document) en lieu et place du DIC PRIIPs. Cette dérogation a pris fin, signifiant que l’ensemble des UCITS distribués en tant que PRIIPs doivent désormais se conformer pleinement aux exigences du Règlement PRIIPs, y compris la production d’un DIC.

  • Impacts sur la production documentaire : Pour de nombreux asset managers et distributeurs, cela implique une refonte des chaînes de production documentaire. Il ne s’agit pas de convertir un KIID en DIC, mais de générer un nouveau document basé sur des méthodologies différentes, notamment en ce qui concerne les scénarios de performance et la présentation des coûts.
  • Harmonisation des discours : La coexistence passée du KIID et du DIC pouvait générer une certaine confusion pour l’investisseur. L’harmonisation sous le seul format du DIC PRIIPs vise à simplifier la compréhension et la comparabilité des produits, mais exige des institutions une cohérence absolue dans la communication.

1.2. Les nouvelles méthodologies de scénarios de performance : Entre pragmatisme et réalisme

La révision des RTS a apporté des modifications substantielles aux méthodologies de calcul des scénarios de performance (favorable, intermédiaire, défavorable et stress). Ces modifications visent à rendre les scénarios plus réalistes et mieux adaptés aux différentes catégories de PRIIPs.

  • Scénarios de stress spécifiques : L’introduction de méthodologies plus précises pour les scénarios de stress, en particulier pour les produits plus complexes ou volatils, nécessite une expertise actuarielle et financière pointue. La modélisation des chocs extrêmes et l’intégration de corrélations inter-actifs est un enjeu majeur.
  • Adaptation aux produits structurés : Les produits structurés, avec leurs multiples sous-jacents et leurs mécanismes de “kick-out” ou de “barrières”, requièrent des approches de modélisation stochastique sophistiquées pour la projection des performances sous différentes conditions de marché. L’utilisation de Monte Carlo ou de simulations binomiales est courante, mais la standardisation réglementaire pose des défis d’implémentation.
  • Considération des frais implicites : Au-delà des frais directs, l’intégration des frais implicites et de leur impact sur les scénarios de performance est cruciale. Cela inclut les coûts de transaction au sein des fonds sous-jacents, les frais de gestion des actifs et les coûts liés à la liquidité.

1.3. La granularité des coûts : Une transparence accrue

Le chapitre sur les coûts a également été renforcé, exigeant une présentation plus détaillée et standardisée, distinguant les coûts uniques, les coûts récurrents et les coûts accessoires.

  • Approche « multi-couches » des coûts : Pour les produits ayant des sous-jacents (ex: assurances-vie en unités de compte investies en UCITS), la consolidation des coûts de chaque couche est un chantier complexe. Il ne suffit pas d’additionner, il faut également tenir compte de l’impact des frais sur la performance globale et la présentation des coûts agrégés en équivalent pondéré.
  • Définition et mesure des coûts transactionnels : La mesure des coûts transactionnels au niveau des fonds sous-jacents est souvent problématique. Les données peuvent être hétérogènes entre les gérants, et leur agrégation cohérente est un défi technique et opérationnel. La difficulté réside dans l’obtention de données fiables et granulaires auprès de tiers.
  • Présentation des coûts en pourcentage et en montant monétaire : Le DIC doit présenter les coûts à la fois en pourcentage du capital investi et en montant monétaire, pour différentes périodes de détention. Cette double présentation requiert des calculs dynamiques et une capacité à adapter les informations en fonction de la durée de vie du produit.

2. L’Optimisation des Chaînes de Données et des Processus de Production DIC

La production des DIC ne peut plus être une succession d’initiatives ponctuelles ou un processus manuel lourd. Elle doit s’inscrire dans une logique d’industrialisation et d’optimisation des chaînes de données.

2.1. L’architecture des données : La fondation de la conformité

Une architecture de données robuste et bien structurée est la pierre angulaire d’une conformité PRIIPs efficace. Sans elle, la production des DIC sera lente, coûteuse et sujette aux erreurs.

  • Centralisation et uniformisation des données : Il est impératif de centraliser les données relatives aux produits (caractéristiques, historiques de performance, coûts, risques) et aux sous-jacents. Cette centralisation doit s’accompagner d’une standardisation des formats pour faciliter l’agrégation et le traitement. Le concept de “Golden Source” pour chaque catégorie de données est essentiel.
  • Connectivité avec les systèmes sources : Une intégration fluide avec les systèmes sources (gestion d’actifs, comptabilité, CRM, data providers externes) est cruciale pour automatiser la collecte et la mise à jour des données. Les API (Application Programming Interfaces) jouent un rôle central dans cette connectivité.
  • Qualité des données : La qualité des données est non négociable. Des outils de “Data Quality Management” doivent être mis en place pour détecter, corriger et prévenir les erreurs. Des contrôles automatisés et une gouvernance des données claire sont indispensables. L’adage “garbage in, garbage out” n’a jamais été aussi pertinent.

2.2. L’automatisation de la production et de la diffusion

L’automatisation est la clé pour gérer la volumétrie et la fréquence des mises à jour des DIC, surtout pour les acteurs avec un large catalogue de produits.

  • Génération dynamique des DIC : Des solutions logicielles dédiées permettent de générer les DIC de manière automatisée, à partir des données structurées. Ces solutions doivent être capables de s’adapter aux changements réglementaires et de gérer les différentes langues de diffusion. L’utilisation de moteurs de règles et de modélisation est ici un atout majeur.
  • Gestion du cycle de vie des DIC : Le DIC n’est pas un document statique. Il doit être mis à jour régulièrement (au moins annuellement, et en cas de changements significatifs affectant les informations clés). Un système de gestion du cycle de vie (versioning, archivage, alertes de mise à jour) est nécessaire pour assurer la conformité permanente.
  • Canaux de diffusion multi-supports : La diffusion des DIC doit s’adapter aux canaux de distribution (web, mobile, email, agences). La capacité à générer des DIC dans des formats adaptés (PDF, HTML, XML) et à les intégrer aux plateformes de distribution est un impératif. La notion de “DIC embarqué” dans un parcours client digital est un avantage compétitif.

2.3. La gestion des fournisseurs tiers et des chaînes de valeur étendues

De nombreux acteurs s’appuient sur des fournisseurs tiers (dépositaires, gérants d’actifs, calculateurs de performance) pour obtenir les données nécessaires à la production des DIC.

  • Coordination et contractualisation : Une coordination étroite avec ces tiers est essentielle. Les SLA (Service Level Agreements) doivent explicitement couvrir la fourniture des données PRIIPs, les délais et la qualité attendue.
  • Standardisation des échanges : L’établissement de formats d’échanges de données standardisés (par exemple, des templates Excel spécifiques ou des flux XML/JSON) permet de rationaliser les processus et de réduire les risques d’erreur. Les initiatives de place pour la standardisation des données de fonds (FIDDS, par exemple) sont à surveiller.
  • Audit et contrôle : Il est crucial de mettre en place des mécanismes d’audit et de contrôle des données reçues des tiers pour s’assurer de leur conformité et de leur exactitude. Une dépendance aveugle aux données externes est un risque réglementaire.

3. L’Intégration de la Conformité PRIIPs dans la Stratégie Digitale

Aborder PRIIPs comme un simple exercice de conformité est une erreur stratégique. C’est une opportunité pour accélérer la transformation digitale et l’amélioration de l’expérience client.

3.1. Le DIC comme levier d’expérience client digitale

Loin d’être un document indigeste, le DIC, bien intégré, peut enrichir l’expérience client.

  • DIC interactif et personnalisé : Au-delà du PDF standard, imaginer des DIC interactifs, où le client peut simuler l’impact des frais sur différentes durées ou visualiser les scénarios de performance de manière dynamique. Des outils de simulation intégrés aux parcours de souscription en ligne peuvent transformer l’obligation en valeur ajoutée.
  • Intégration au parcours de souscription : Le DIC doit être facilement accessible et compréhensible au moment clé de la décision d’investissement. Il peut être intégré de manière fluide aux plateformes de distribution en ligne ou aux applications mobiles, avec des fonctionnalités de recherche et de comparaison.
  • Support à la décision et éducation financière : Le DIC, accompagné d’outils pédagogiques, peut contribuer à l’éducation financière des investisseurs, les aidant à mieux comprendre les risques et les récompenses associés à leurs investissements. La vulgarisation financière est ici un art à maîtriser.

3.2. L’industrialisation au service de l’efficacité opérationnelle

La digitalisation des processus PRIIPs permet de dégager des gains d’efficacité significatifs.

  • Réduction des risques opérationnels : L’automatisation réduit les erreurs humaines, souvent coûteuses en temps et en ressources pour les corrections. Elle diminue également le risque de non-conformité et les pénalités associées.
  • Maîtrise des coûts : À long terme, l’investissement dans des solutions digitales pour la production et la diffusion des DIC génère des économies d’échelle, en réduisant la nécessité d’interventions manuelles et de ressources dédiées.
  • Agilité et réactivité : Une infrastructure digitale permet de s’adapter plus rapidement aux changements réglementaires futurs, ou aux évolutions du marché (nouveaux produits, nouvelles langues). La flexibilité est un avantage concurrentiel.

3.3. Convergence avec d’autres réglementations : DORA et MIFID II

La transformation digitale liée à PRIIPs ne doit pas se faire en silo. Elle doit s’inscrire dans une stratégie plus large de conformité.

  • Synergies avec MIFID II : L’amélioration de la granularité des données de performance et de coût pour PRIIPs peut directement alimenter les exigences de divulgation et de reporting sous MIFID II (reporting de coûts et charges, test d’adéquation et de pertinence). Les outils de connaissance client (KYC) et de classification produit (product governance) peuvent être alignés.
  • Cyber-sécurité et résilience opérationnelle (DORA) : Le Règlement DORA (Digital Operational Resilience Act) renforce les exigences en matière de cyber-sécurité et de résilience opérationnelle des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Les chaînes de production et de diffusion des DIC, étant des infrastructures critiques, doivent être conformes à DORA, protégeant ainsi l’intégrité des informations et la continuité des services. La robustesse des systèmes de gestion des DIC face aux cyber-attaques ou aux pannes est un impératif.

4. La Gouvernance et la Supervision : Le Capitaine aux Commandes

AspectDescriptionObjectif 2025Impact sur la transformation
Conformité PRIIPsMise en place des documents d’information clés (DIC) conformes aux exigences réglementaires100% des produits financiers couverts par un DIC conformeOptimisation des processus pour éviter les retards dans le lancement des produits
Transparence des risquesCommunication claire des risques associés aux produits d’investissementAmélioration de la compréhension client avec un taux de satisfaction supérieur à 85%Intégration d’outils digitaux pour faciliter la compréhension sans complexifier les offres
Digitalisation des processusAutomatisation de la génération et de la mise à jour des DICRéduction de 30% du temps de production des documentsAccélération de la mise sur le marché des produits innovants
Formation des équipesSessions de formation sur la réglementation PRIIPs et ses implications100% des équipes commerciales et conformité formées avant fin 2024Renforcement de la collaboration entre équipes pour une conformité agile
Suivi et contrôleMise en place d’indicateurs de suivi de conformité et audits réguliers0 non-conformité majeure détectée lors des audits annuelsMaintien d’une conformité continue sans freiner l’innovation produit

Même la meilleure feuille de route digitale et le navire le plus moderne exigent un capitaine expérimenté et une équipe bien entraînée. La gouvernance et la supervision sont primordiales pour naviguer dans les eaux réglementaires et maintenir le cap.

4.1. Rôles et responsabilités : Une chaîne de responsabilité sans faille

La complexité des produits PRIIPs et la granularité des exigences impliquent l’intervention de multiples départements au sein d’une institution financière : Direction Produits, Actuariat, Risques, Juridique, Compliance, Marketing, IT.

  • Définition claire des tâches : Une matrice RACI (Responsable, Accountable, Consulté, Informé) est indispensable pour délimiter les rôles et les responsabilités de chaque acteur dans la chaîne de production et de validation des DIC. Qui est responsable de la donnée source, qui du calcul, qui de la validation juridique et qui de l’approbation finale ?
  • Comités de pilotage et de validation : La mise en place de comités réguliers pluridisciplinaires permet de suivre l’avancement des projets, de résoudre les problématiques transversales et de valider les évolutions des méthodologies ou des documents.
  • Formation continue : Une formation régulière des équipes sur les évolutions réglementaires et les outils est essentielle pour maintenir un niveau d’expertise élevé et garantir une compréhension partagée des enjeux.

4.2. Les contrôles internes et la gestion des risques

La conformité PRIIPs n’est pas un événement ponctuel, mais un processus continu qui doit être encadré par des contrôles internes robustes.

  • Plan de contrôles permanents : Des contrôles de premier et de deuxième niveau doivent être mis en place pour vérifier la qualité des données, l’exactitude des calculs, la conformité des textes juridiques et la bonne diffusion des DIC. Les outils de “workflow” et de “validation” digitaux peuvent grandement faciliter ces contrôles.
  • Gestion des risques de non-conformité : Une cartographie des risques de non-conformité liés à PRIIPs doit être établie, avec l’identification des impacts potentiels (réputationnels, financiers, réglementaires) et des actions d’atténuation.
  • Audit interne et externe : Des audits réguliers, internes ou externes, permettent d’évaluer l’efficacité du dispositif de conformité et d’identifier les axes d’amélioration. La supervision des autorités est d’ailleurs de plus en plus attentive à la robustesse des processus de production documentaire.

4.3. Le rôle de la Compliance : Gardien du Temple et Partenaire Stratégique

Le département Compliance joue un rôle central dans la mise en conformité PRIIPs, au-delà de sa mission de contrôle.

  • Veille réglementaire : Assurer une veille active des évolutions réglementaires au niveau européen et national est essentiel pour anticiper les ajustements nécessaires.
  • Conseil et accompagnement : La Compliance doit être un partenaire des lignes métiers, en apportant son expertise dans l’interprétation des textes et en orientant les choix opérationnels pour garantir la conformité dès la conception des produits (“compliance by design”).
  • Interface avec les régulateurs : La Compliance est souvent le point d’entrée pour les régulateurs. Elle doit être en mesure de fournir toutes les informations et preuves de conformité demandées, et d’expliquer les choix méthodologiques et opérationnels.

5. Anticiper les Évolutions Futures et les Prochaines Frontières de la Transparence

La réglementation financière est en perpétuelle évolution. Anticiper les orientations futures est crucial pour une stratégie de conformité durable.

5.1. L’impact du “Digital Operational Resilience Act” (DORA)

Comme évoqué précédemment, DORA, entré en vigueur en janvier 2023 et dont les exigences sont applicables à partir de janvier 2025, aura un impact direct sur la résilience des systèmes TIC utilisés pour PRIIPs.

  • Mapping des TIC critiques : Les institutions devront identifier et classer leurs systèmes TIC utilisés pour la production et la diffusion des DIC comme critiques, en fonction de leur importance pour la continuité des activités.
  • Tests de résilience : Des tests de résilience opérationnelle, y compris des tests de pénétration basés sur des menaces avancées (TLPT), devront être effectués régulièrement sur ces systèmes pour s’assurer de leur capacité à résister aux cyber-attaques et aux pannes.
  • Gestion des risques liés aux tiers : DORA renforce également les exigences de gestion des risques liés aux prestataires de services TIC tiers. Les acteurs de PRIIPs utilisant des solutions externes devront s’assurer que leurs fournisseurs sont également conformes à DORA.

5.2. Vers une approche plus “durable” des produits d’investissement : SFDR et Taxonomie

La réglementation sur la finance durable (SFDR – Sustainable Finance Disclosure Regulation, Taxonomie européenne) interagit de plus en plus avec PRIIPs, en augmentant les exigences de transparence.

  • Intégration des informations ESG : Le DIC pourra à terme être enrichi d’informations sur les caractéristiques de durabilité des produits, en lien avec les articles 8 et 9 de la SFDR. La méthode de “labellisation verte” des produits pourrait s’y refléter.
  • Calcul des performances durables : La mesure de l’impact des investissements verts sur les scénarios de performance est une nouvelle frontière, qui nécessitera des données et des méthodologies spécifiques.
  • Transparence des objectifs d’investissement durables : La cohérence entre les objectifs de durabilité déclarés dans le DIC (s’il y a lieu) et la réalité de la gestion du produit sera scrutée par les régulateurs et les investisseurs.

5.3. Les “Open Finance” et l’avenir de la divulgation d’informations

Le mouvement vers l’Open Finance, qui vise à étendre les principes de l’Open Banking au-delà des services de paiement, pourrait transformer la manière dont les informations sur les PRIIPs sont partagées.

  • API standardisées pour les données PRIIPs : L’émergence d’API standardisées permettrait un partage plus fluide des données PRIIPs entre les acteurs du marché (distributeurs, agrégateurs, conseille
  • Plateformes d’information mutualisées : Des plateformes collaboratives pourraient voir le jour pour centraliser et diffuser les informations clés des PRIIPs, simplifiant ainsi la tâche des producteurs et des distributeurs.
  • Personnalisation avancée et conseil hybride : L’accès à des données de PRIIPs riches et standardisées permettra de développer des outils de conseil plus personnalisés et des parcours clients hybrides, combinant le digital et le conseil humain, où les informations réglementaires sont intégrées de manière intelligente aux recommandations.

En définitive, la conformité PRIIPs pour 2025 n’est pas un point d’arrivée, mais une étape essentielle dans un processus de transformation continue. Elle force les institutions financières à une introspection profonde de leurs processus, de leur architecture de données et de leur stratégie client. Ceux qui sauront capitaliser sur cette exigence pour moderniser leurs infrastructures et repenser leur proposition de valeur sortiront renforcés de ce défi, transformant la contrainte réglementaire en un véritable avantage concurrentiel. La clé est de ne pas bâtir des murs pour contenir la réglementation, mais d’ouvrir de nouvelles portes.

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La valeur de l’article se joue dans la mise en œuvre : prioriser les irritants, cadrer les preuves attendues et donner aux équipes un pilotage simple à suivre.